Insécurité, délinquance des mineurs, écoles inadaptées : face à ces problèmes récurrents, les politiques se succèdent et les amalgames suivent : répression, incarcération, centres éducatifs renforcés. La société se décharge de plus en plus sur la justice comme si à tout acte répréhensible devait correspondre une réponse pénale.
En suivant sur plusieurs semaines, le déroulement de la procédure judiciaire au Tribunal pour Enfants de Lyon, le film « Sortir de l’impasse » montre que si les structures juridiques et éducatives sont adaptées pour traiter la délinquance, leur efficacité repose avant tout sur les qualités humaines et professionnelles de chacun des maillons de la chaîne : procureurs, magistrats, éducateurs.
Cette immersion dans le système juridique adapté aux mineurs met en évidence le rôle éducatif de la justice : l’institution judiciaire pour la jeunesse a compris en effet que la violence des jeunes traduisait leur incapacité à trouver un sens à leur vie mais aussi le malaise d’adultes (parents, professeurs) qui n’arrivent pas à assumer leurs responsabilités.
Mettre en scène la parole.
La procédure judiciaire pour les mineurs est organisée de telle manière en France qu’à partir du moment où un jeune délinquant entre en contact avec la justice, des étapes se mettent successivement en place pour amener l’adolescent à réfléchir et prendre conscience de l’acte qui a justifié sa mise en examen. Des adultes interviennent ainsi devant le jeune pour des dialogues de nature à chaque fois différente. (éducateur, avocat, juge, psychiatre.) l’ambition du film est de mettre en évidence le poids de la parole pour celui qui parle comme pour celui qui écoute.
Le portrait d’un mineur virtuel.
Seuls apparaissent à l’image les intervenants adultes alors qui s’adressent directement au jeune toujours présent en off. Au fil des différents stades de la procédure, en audience au tribunal ou en entretien avec le médecin psychiatre de la maison d’arrêt, la voix du jeune change tandis que les adultes identifiés dans leur rôle se succèdent à l’image.
Le procédé filmique s’est adapté ainsi à l’obligation légale du respect de l’anonymat du mis en examen et à permis de restituer des dialogues denses et vrais.
Durée : 66 mn
Réalisation : Benoît Sourty